Il est paru le 3 septembre 2026, trois jours avant la rédaction de cet article : la quatrième édition du Manuel d’intelligence économique, dirigé par Christian Harbulot, s’attaque à un problème que la première édition, publiée il y a près de quarante ans, ne connaissait pas encore — une intelligence artificielle qui redistribue en quelques mois les cartes de la compétition informationnelle.
Publié aux Presses universitaires de France, ce manuel collectif accompagne l’émergence de l’intelligence économique comme discipline enseignée en France depuis quatre décennies, désormais présente dans les instituts d’études politiques, les écoles de commerce et d’ingénieurs, les facultés de droit. Harbulot en coordonne la direction depuis l’origine ; cette édition réunit à nouveau universitaires, consultants, juristes du renseignement et spécialistes de la contre-ingérence.
Ce qui change dans cette version tient à trois évolutions que REGARDS retrouve régulièrement dans son propre travail : l’expansion de l’intelligence artificielle, la croissance de l’influence numérique, l’approfondissement de la cybersécurité. L’éditeur y ajoute le développement des capacités de contre-ingérence et l’intégration de l’intelligence juridique dans la décision — deux volets encore peu présents dans le débat public ivoirien, alors que la question de savoir qui maîtrise réellement les fondations de l’IA locale reste, comme le documentait déjà un article récent de REGARDS, largement ouverte.
Le manuel s’adresse d’abord aux praticiens en poste et aux étudiants des filières concernées, pas au grand public — ce n’est pas une lecture de vulgarisation. Mais c’est précisément parce qu’il fixe le vocabulaire et les catégories que la discipline emploie aujourd’hui, quarante ans après ses débuts, qu’il vaut d’être signalé ici : c’est cette même grille de lecture — rapport de force, chaîne de valeur, vulnérabilité informationnelle — que REGARDS mobilise pour lire l’actualité ivoirienne, du cajou aux datacenters.


