Dans cette intervention pour Xerfi Canal, Christian Harbulot, fondateur de l’École de Guerre Économique, s’attarde sur un terrain que les analyses économiques classiques laissent souvent de côté : celui des idées. Pas les idées comme simple débat d’opinion, mais comme outil, parfois comme arme, au service d’intérêts précis — une thèse qu’il développe depuis plusieurs décennies et qui prend un relief particulier à l’heure où les récits circulent plus vite que les faits qui devraient les corriger.
Harbulot y explique comment des courants intellectuels, des mouvements militants ou de simples éléments de langage peuvent être mobilisés, consciemment ou non, pour affaiblir un adversaire économique avant même que le rapport de force ne se joue sur le terrain commercial ou industriel. Une entreprise, un secteur, parfois un pays tout entier, peut voir sa réputation ou sa légitimité entamées par une idée qui s’installe dans le débat public sans qu’aucune preuve solide ne la sous-tende.
C’est très exactement le terrain que REGARDS explore depuis plusieurs mois à propos de la Côte d’Ivoire : les campagnes d’influence documentées autour du réseau « la Compagnie », les deepfakes visant des responsables ivoiriens, ou plus largement la manière dont un récit peut circuler plus vite que sa vérification. Cette vidéo n’apporte pas un fait nouveau sur le dossier ivoirien, mais elle donne le cadre théorique qui permet de lire ces épisodes autrement que comme des incidents isolés : ce sont des choix, avec des auteurs et des objectifs, même quand ces auteurs restent difficiles à nommer avec certitude.
Elle prolonge aussi une autre intervention de Christian Harbulot déjà publiée dans cette rubrique, consacrée à l’encerclement cognitif sur le web et les réseaux sociaux — deux facettes d’un même problème : la manière dont l’information, et les idées qui l’accompagnent, sont devenues un champ de bataille à part entière pour les États comme pour les entreprises.
Ce que REGARDS va suivre : les prochains signaux d’opérations d’influence ou de récits construits visant spécifiquement les intérêts économiques ou diplomatiques ivoiriens, confrontés systématiquement, comme pour les dossiers déjà traités, aux faits vérifiables et à la position des parties mises en cause.


